Cévennes en lutte


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Récit de la manifestation contre les CRA à Nimes

Daté du dimanche 1er mars 2009


Samedi 28 février à 17h00, à Nîmes, une manifestation illégale (non déclarée en préfecture) était organisée pour la fermeture des prisons pour étrangers (CRA, Centres de Rétention Administrative), et contre l’enfermement sous toutes ses formes. Le CRA de Nîmes (qui compte 126 places) est situé en périphérie, dans l’enceinte de l’école de police, entre une route nationale et des centres commerciaux, à proximité du quartier Mas de Mingue, point de départ de la manifestation. Malgré la pression policière permanente sur ce type de rassemblement, entre 200 et 300 personnes étaient présentes. Des masques distribués dès le début ont très vite circulé pour finir par couvrir les visages des manifestants, dont des habitants du quartier. Tout d’abord, le cortège a serpenté dans le quartier et a été rejoint par de nombreux enfants. Avec ses banderoles (« Feux de joie aux centres de rétention », « Non aux expulsions », « Ni papiers, ni frontières, ni prisons », « Solidarité avec tous les incarcérés, Sabotons l’enfermement », « Solidarité active avec les inculpés de l’incendie de Vincennes ») il s’est dirigé vers le CRA, déjouant à plusieurs reprises l’encadrement policier. L’objectif était de bloquer la route nationale à proximité de la cour du CRA (protégée par un cordon d’uniformes : 3 bus) ; pétards et fusées ont permis de nous faire entendre des prisonniers. Première intervention de deux justiciers zélés, flashball en joue et gazeuse déchaînée, pour tenter de dégager le rond-point, et apparition d’une dizaine de policiers anti-émeute. Au bout de 30 minutes, le cortège repart sur la nationale, dont la circulation a été bloquée en amont par les flics. Les robocops nous suivent de près, pressent le pas et réussissent (à l’aide de grenades lacrymogènes) à nous rabattre vers le quartier et à le boucler. Régulièrement confrontés aux pressions policières, et habitués à leurs tactiques, les habitants ont été solidaires en ouvrant les immeubles, indiquant des échappatoires, repérant les flics en civil, etc. Après les lacrymos et flashballs tirés par les anti-émeute (ces derniers n’osant pas pénétrer dans le quartier) et par la BAC, auxquels ont répondu pierres et projectiles divers, les manifestants ont pu se disperser sans interpellation et ont été invités à revenir par des habitants. Les provocations policières ont cependant continué une heure durant. Un habitant a alors été arrêté et mis en garde à vue pendant 24h. Suite à son passage devant le procureur, il est convoqué au tribunal de Nîmes en avril (avec comme chef d’inculpation violence sur agent avec armes par destination).

Prochain rendez-vous contre le CRA : vendredi 20 mars à 19h00 devant le Centre.

Liberté pour tous les prisonniers avec ou sans-papiers. Pas de répit jusqu’à la destruction de toutes les prisons et du monde qui les produit.