Cévennes en lutte


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Voleurs de poubelle

Daté du vendredi 27 mars 2009


Lundi 16 mars 2009, Comme à notre habitude, nous récupérions de la nourriture dans les containers à poubelles du supermarché inter de Quissac (2 cagettes de fruits et légumes divers, des produits laitiers, périmés du jour, yaourts, crèmes fraiches, fromages secs … ) en tout, six cagettes de produits tout a fait consommable, malgré la date limite de consommation, Quelle ne fut pas notre surprise lorsqu’ en sortant du local, nous nous retrouvons encerclés par quatre gendarmes, dont un tout excité, qui nous braque avec son arme, en nous ordonnant de nous coucher a terre .Calmement, nous posons nos cagettes de récup, et tentons de les raisonner, en leurs montrant bien que nous ne faisons rien de mal, si ce n’est sauver de la nourriture, avant qu’elle finisse dans des incinérateur , ou des broyeur. Le gendarme au pistolet menotte quand même l’un de nous. On leurs explique notre position et la raison de notre action (contre le gaspillage, convaincus que notre démarche, est bien moins condamnable que celle des patrons de supermarchés, qui interdisent, la récupération des denrées périmées, voir qui mettent de la javelle dans les containers). L’un des gendarme, nous dit qu’il en a « « rien a foutre des problèmes de la société que tout ce qui l’intéresse c’est son cheque a la fin du moi, et que de toute façon, il n’ est pas français et qu’a l’heure actuel, il préfèrerais être chez lui a regarder la télé. » Ils nous fouillent, nous lisent nos droits, appellent une autre équipe, car ils n’ont pas asses de place dans leurs véhicules pour nous embarquer. Ils font une perquisition, du camion, avec le quel on est venu. Un troisième véhicule arrive, vitesse excessive et gyrophare en marche Nous sommes maintenant entourés par 7 gendarmes, des brigades de Sauve et Quissac. Ils ne peuvent pas nous emmener tous à la même brigade, car pas assez de cellules pour 3 gardes a vus. Je suis invité à mettre les mains sur le capot d’un des véhicules, nouvelle fouille, puis mains dans le dos et menottes. Je m’installe donc dans la voiture qui vient d’arriver de Sauve, sans ceinture, car menotté. On arrive à la brigade en ayant une fois de plus dépasser allègrement les limitations de vitesse. Une foie dans la brigade, on m’installe sur une chaise et on m’enlève les menottes (pas mécontent, car c’est pas des plus confortable)

Le gendarme PIVARD Ludovic s’occupe de moi et va prendre ma déposition. D’après lui demain matin le procureur devrais vite nous faire sortir. Ma déposition est simple, mon seul tort et d’avoir enjambé le portail du local à poubelle, afin d’ouvrir à mes camarade. Ensuite je ne considère pas être un voleur, étant donné que ce que nous prenons était de toute façon condamné à finir détruit. Fin de la déposition, je passe la nuit dans la cellule (pas d’eau, pas de manger) Réveil mardi matin. On ne va pas retrouver la liberté tout de suite les gendarme veulent faire une perquisition, sur le terrain, qui nous est prêté où nous vivons en camions. Le maire de Sauve, ainsi que le gérant du supermarché sont convié à la visite de notre campement. Ils cherchent des objets volés .Au final ils saisissent une tronçonneuse volée il y plus de dix ans, et achetée au puces. Suite à ça le maire nous demande de partir dans les 24 heures ! En début d’après midi, on nous invite à manger .Non merci. Suite de la déposition, rien à nous reprocher de plus, mais vu qu’on est quand même des voleurs, ils veulent nous prélever notre Adn, nos empreintes, et faire une petite photo souvenir. En tant que personnes soupçonnées de crime ou de délit (soustraction frauduleuse de denrées alimentaires, par escalade, en réunion) Je refuse absolument de me soumettre a ce prélèvement, considérant que je ne suis pas un criminel, et que je ne veux pas être fiché en tant que tel, et risqué de me voir accusé de je ne sais quel autre délit, sous prétexte que j’ai perdu un cheveu, sur le lieu de ce délit une semaine avant. Sachant qu’une tel procédure, coute 400 euros par prélèvement, et qu’avec une tel logique on va finir par pucer tous les gamins un peux trop turbulents, sous prétexte qu’il risque de nuire à la société, et qu’il faut les surveiller. Le gendarme PIVARD, me dis que je suis un anarchiste, et que si les lois françaises ne me plaisent pas, j’ai qu’a partir, ou alors me présenter à la présidence (il m’a pris pour Coluche). . Il me dit aussi qu’il regrette son ancienne brigade, ou dans ce genre d’affaire, ils intervenaient à quinze, et frappaient avant de discuter. Il me dit aussi qu’il commence à en avoir marre de moi, et qu’il autre chose à faire, de toute façon il va m’envoyer en maison d’arrêt, vu que je fais la forte tête. En attendant retour dans la cellule, jusqu’à la fin de l’après midi, où on vient me chercher. On me demande de plier mes draps. Maison d’arrêt ou liberté ? Le gendarme PIVARD fini ma déposition, .Il me donne aussi une convocation pour le tribunal correctionnel pour le 29 octobre, pour refus de se soumettre aux opérations de prélèvement biologique(ADN) et au relevé signalétique (photos, empreintes).Il me dis qu’après cette convocation, fini la liberté, il s’occupera personnellement de moi ! En attendant, il me relâche

Lendemain matin, on passe voir le directeur du supermarché, pour se présenter, et essayer de trouver un moyen ensemble de ne pas gaspiller toute cette nourriture. D’accord avec nous, sur le principe, il va en parler à son supérieur, mais il pense sérieusement que l’on ne va pas pouvoir changer le system comme ça. On verra bien !

Deux jours plus tard, rendez vous avec le maire de sauve, pour lui donner notre version de cette histoire, et tenter de négocier un peux de repis avant de déménager le terrain On voit tout de suite qu’il est vraiment gêné par cette affaire. Il nous apprend que lorsque les gendarmes l’on appelé pour venir faire la perquisition sur le terrain, il lui on dit que nous avions étés interpellé en train de voler dans le supermarché en pleine nuit. En oubliant de préciser que c’étais les poubelles que nous volions. Il semble scandaliser par cette histoire, finir en garde a vue, menotté, braqué, fiché, pour avoir récupéré de la nourriture dans les poubelles. Malgré cela, il ne peut pas nous autoriser à rester sur ça commune, car il y a un arrêté communal interdisant le campement en camion. On partira, mais, il faut nous laisser le temps de trouver un autre terrain. Lendemain matin, deux d’entre nous quittent le terrain, en chemin, il croise les gendarmes de sauve et l’agent de police rural, qui viennent nous voir. Ils veulent savoir si on était entrain de partir. On leur répond qu’on ne va pas partir comme ça qu’on a des choses à faire avant, et que nous ne bougerons pas sans un avis d’expulsion. Visiblement, il le prenne mal, ils vont s’occuper de nous personnellement et on ne va pas s’en sortir comme ça.

Pour le moment, pas de nouvelles, on va retourner voir le directeur du supermarché dans la semaine, et continuer a informer les gens des commune alentours, lors de nos passages sur les marchés. On compte organiser un rassemblement la semaine prochaine, certainement un gros pic nique ou quelque chose du style devant la gendarmerie de sauve.

Mobilisons-nous contre la criminalisation de la pauvreté. Rejoignez le comité de soutien des « voleurs de poubelles ! »

Nous sommes ouverts à toute proposition de soutiens et souhaitons que cette affaire fasse le maximum de bruit. On vous tient au courant de l’évolution du comité de soutien qui se monte au jour le jour.

Pour l’instant, on appelle les gens à saturer le téléphone de la gendarmerie de Sauve

04.66.77.50.05, afin de montrer le désappointement général, bien sur en restant correcte, pour ne pas desservir notre mouvement.

Enfin, en diffusant l’info, on a pris contact avec un autre voleurs de poubelles mené lui aussi au tribunal pour son affaire. Apparemment il risque gros car il est accusé de fuite et d’utilisation d’arme contre les vigiles qui l’ont interpellé : l’arme étant son camion avec lequel il a tenté de fuir !! Apparemment les vigiles l’accusent d’avoir tenté de les écraser !! Et là c’est sa parole contre celle des vigiles...

Il passe en procès ce lundi 30 mars à 14h30 à Nîmes, allons y le plus nombreux possible.

Contact : voleursdepoubelles(at)laposte.net