Cévennes en lutte


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L’ethnologue , les travailleurs sociaux et les cabaneux : à propos d’une réunion

Daté du lundi 22 juin 2009


Jeudi 11 juin nous étions invités à venir discuter à Ste Croix VF par l’association Quoi de 9 (asso d’insertion qui domicilie des personnes sdf) sur les questions d’habitat en Cévennes en lien avec le projet de rédaction d’une "charte de cohésion sociale".

25 personnes environ étaient présentes à cette rencontre. Les trois interlocuteurs (la présidente et une salariée de Quoi de 9 et un étudiant en ethnologie qui fait une maîtrise sur l’habitat alternatif en Cévennes) ont très vite été interrogé sur leurs intentions, sur ce pourquoi ils étaient mandaté... En cette période de répression accrue contre tout ce qui sort des normes, il est légitime de chercher à savoir pourquoi l’Etat charge des associatifs d’instaurer un dialogue avec les "cabaneux" et de se renseigner un peu plus sur leur compte. Les "citoyens conscients" que nous avions en face de nous nous ont assuré que si il est vrai que la DDASS les finance ils ne bossent que pour leur propre compte et ne travaillent pas pour l’Etat... du moins pas directement ! Ils nous ont assuré qu’ils ne transmettent aucune information à la police bien qu’ils sont régulièrement convoqués par les RG...

Leur volonté, en organisant cette réunion était de proposer aux personnes volontaires de les aider à rédiger une charte qui s’intègre dans le "plan" gouvernemental de cohésion sociale dans les territoires. Différentes institutions (pays, communautés de communes, PNC, DDASS...) sont associés à cette charte sensée instaurer à coup de valeurs poudre aux yeux et de belles phrases, des axes pour nous permettre de sauvegarder la paix sociale en Cévennes, notamment donc sur cette question d’habitat.

A cause de la main mise des propriétaires et du développement constant d’un capitalisme qui s’appuie notament sur la spéculation immobilière, le tourisme et la sylviculture, l’accès à la terre, plus encore qu’au logement, est de plus en plus difficile pour qui veut en vivre simplement et sans rentrer dans les logiques économiques. Des cabanes sont brûlées, des yourtes passent en procès, des habitants en roulotte sont condamnés...

La volonté de l’Etat est claire : normaliser, aseptiser, niveller. Dès lors, nous savons qu’il faut nous battre pour préserver, ici comme ailleurs, les espaces d’autonomie qui nous permettent de survivre. Voilà pourquoi nous ne participerons pas à la rédaction de cette charte ni d’aucune autre. Voilà pourquoi nous n’avons rien à demander mais tout à prendre. Voilà pourquoi nous ne nous associerons pas à la démarche de ces associatifs qui voudraient que l’on s’insère dans une société que nous préférons déserter.

Au terme de la discussion, l’apprenti-ethnologue, qui n’a pas beaucoup parlé mais a pris de nombreuses notes, a annoncé qu’il allait rentrer continuer à mener sa vie d’estudiantin à Lyon plutôt que de rester une semaine de plus en Cévennes comme il l’envisageait au départ. Les représentantes de Quoi de 9 quant à elles nous formulaient la demande de tirer la sonnette d’alarme au cas où vraiment l’association se ferait manipuler... (au passage, précisons que c’est un peu ce que l’on a fait mais peut-être n’y sommes nous pas allé assez fort !).