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Discussion "Le nucléaire aujourd’hui, de la relance des programmes à la cogestion du désastre", le vendredi 4 décembre, à Alès

Daté du dimanche 22 novembre 2009

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En quelques décennies à peine, le choix nucléaire a généré de telles nuisances et de telles menaces pour la vie planétaire, en particulier de telles montagnes de déchets et d’immondices radioactifs, qu’il est devenu impossible pour le pouvoir de continuer à le gérer comme autrefois. Alors qu’auparavant il niait purement et simplement l’existence de pareils dangers, l’Etat, tout en continuant en partie à pratiquer la politique du secret, met aussi en œuvre celle basée sur la « transparence » et associe les « citoyens » à la cogestion du désastre. Ces derniers temps, le problème des déchets nucléaires a, par exemple, été mis en scène par les médias, sous le prétexte de limiter les risques, de les déplacer, de les différer… à défaut de les supprimer. Car, face aux dangers du nucléaire qu’ils ne peuvent plus cacher, les gourous de l’atome avouent leurs difficultés et poussent le cynisme jusqu’à demander aux populations en sursis de faire confiance à la technoscience de demain pour résoudre les problèmes engendrés par celle d’aujourd’hui.

Les administrateurs du désastre ont d’autant plus besoin de jouer la carte de la visibilité et de la coresponsabilité des risques que l’heure n’est plus à la sortie, même progressive, du nucléaire, mais au contraire à la relance, à la modernisation et à la multiplication des programmes civils et militaires à l’échelle mondiale. En témoigne la construction de dangereuses installations expérimentales pharaoniques en vue de mettre au point de nouveaux procédés de génération d’énergie, de nouveaux instruments de médecine nucléaire, de nouvelles armes plus adaptées aux scénarios des guerres en cours ou à venir, du type « guérilla urbaine » pour reprendre leurs termes.

C’est dans cette optique qu’il faut apprécier le battage officiel, relayé par bon nombre de groupes écologistes et d’ONG, sur les prétendus « réductions des arsenaux nucléaires », « démantèlements des installations nucléaires civiles et militaires », etc., qui ne sont en fait qu’un dépoussiérage : on met au rebut (ou plutôt on déplace) ce qui est de toute façon obsolète, on rénove pour faire durer et on continue activement la recherche en vue d’être à la pointe de cette technoscience. Contrairement au discours des écologistes, le démantèlement ne prépare en rien la sortie du nucléaire. Ainsi, celui de Chooz A s’accompagne de nouvelles couches de pollution radioactive et le reste de la centrale (Chooz B) continue son activité, le site ayant même été candidat pour accueillir l’EPR. En fin de compte, ce manège auquel sont associés tous ces supplétifs d’Etat vise à faire accepter aux populations « troublées » l’inacceptable : survivre au milieu de poubelles nucléaires, avec l’Etat dans le rôle du protecteur, auquel les individus doivent faire encore plus allégeance au nom de leur propre sécurité.

Le nucléaire, par la puissance technologique qu’il déchaîne et qu’il concentre dans les mains de l’Etat, ainsi que par l’hypothèque sur la liberté à venir qu’il crée, fait partie des questions fondamentales à aborder. D’autant qu’il a beau ressembler à un monstre tentaculaire, il n’en reste pas moins, comme toutes les formes de domination sociale dans ce monde, un colosse aux pieds d’argile. Il est loin d’être impossible à combattre puisque son socle est fragile et qu’il repose sur l’acceptation de ceux qui le subissent. Parce qu’il ne tient qu’à nous de s’en prendre à lui et au monde qui le produit, nous proposons déjà de discuter ensemble de ces quelques pistes de réflexion.

Discussion accompagnée de brefs montages d’images d’archive sur les thèmes abordés. Entrée libre, le vendredi 4 décembre à 19h, à la Bourse du Travail d’Alès (place Georges Dupuis).