Cévennes en lutte


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Soirée lectures érotiques au coin du poêle

Daté du vendredi 18 décembre 2009

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Le 28 décembre, viens te blottir au coin du poêle écouter et lire des textes érotiques sous la yourte à la Borie, juste pour le plaisir... de lire !

« Cher Collectionneur. Nous vous détestons. Le sexe perd tout son pouvoir et toute sa magie lorsqu’il devient explicite, abusif, lorsqu’il devient mécaniquement obsessionnel. C’est parfaitement ennuyeux. Je ne connais personne qui nous ait aussi bien enseigné combien c’est une erreur de ne pas y mêler l’émotion, la faim, le désir, la luxure, des caprices, des lubies, des liens personnels, des relations plus profondes qui en changent la couleur, le parfum, les rythmes, l’intensité. » Anaïs Nin, « Vénus Erotica ».

Des extraits de textes sur les corps, les peaux, de tendresses en frissons sans rester enfermés dans le puritanisme, ni dans des histoires de braguettes ? La sexualité, prétendument omniprésente, brille soit par l’absence de discours, soit par un discours tellement policé que les tentatives de « libération sexuelle » ne parviennent pas à se dépêtrer de la muselière de la science et des religions. Ces tentatives tombent en plein dans le consumérisme et dans les normes et contre-normes. Si bien que nos rapports au corps et au plaisir sont toujours pris entre les attitudes de censure et celles de prétendus affranchissements.

L’érotisme « évoque ». Il nous évite de tomber dans le guide technique des pratiques sexuelles et dans les pièges qui nous propulsent, loin des sommets des délices de la chair, contre les pentes de la performance érectile ou dans les gouffres de la femme-libérée-toujours-disponible. L’érotisme est alors une tentative de parler des corps, sexualités et plaisirs, et sans forcément réussir à détruire le tabou, ça nous permettra peut-être de conserver un peu de légèreté. L’érotisme comme un moyen de ne pas jeter une lumière trop crue sur les choses ? En tous cas, déjà juste une tentative de prendre plaisir à écouter/lire différentes façons d’évoquer les corps...

« A peine aperçut-on les fruits du paradis, que les mains de ceux-ci et de celles-là, déjà en train de dévier amoureusement avec les cuisses, les tétons, les joues, les mollets ou les flûtes ou les grelots qui se trouvaient là aussi dextrement que celles des filous avec les poches des badauds qui se laissent voler leur bourse, toutes ces mains s’allongèrent sur les sus-dits fruits, comme se jette la foule sur les cierges qu’on lance du haut de la Loggia le jour de la Chandeleur. » Pierre Arétin, « La vie des nonnes ».

Partager les textes qui nous ont plu, touché, fait vibrer et frissonner, les auteurs qui parlent de ce qu’il se passe sur nos peaux, dans nos ventres, dans nos chairs, dans nos sexes, quand on baise, quand on désire...

Lectures érotiques au coin du poêle le lundi 28 décembre à 19 h sous la yourte de la Borie (à 5 km de St-Jean-du-Gard, en direction de St-Etienne Vallée-française) : ramène des textes et des victuailles !

Freudo-sexiste, reste chez toi !

« Je respirais le souffle de Réa. Je pensais à l’obscénité, aux voluptés, dans lesquelles Réa se perdait. […] Réa dans mon oreille avait glissé les mots qui m’étranglaient, qui me congestionnaient, et qui, cette fois, ne cessaient de me réduire à la crampe douloureuse des organes. Réa m’avait guidé, avait guidé ma main vers l’humidité pénétrable, et quand elle m’avait embrassé, elle avait introduit dans ma bouche une énorme langue. Réa dont j’avais vu les yeux briller, Réa que j’entendais encore rire aux éclats d’être fin saoule et de l’inavouable plaisir que ma mère lui avait donné. » Georges Bataille, « Ma mère ».