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Ecotourisme durable : la turista du vingt et uniéme siècle

Daté du lundi 7 avril 2008


Dimanche 6 avril, à Florac, se tenait le 2e salon de l’écotourisme. Inscrit dans la semaine du développement durable, la Lozère mettait en valeur son capital nature... En fin de matinée, se tenait un « débat libre et animé ». Sur une estrade, représentant politique (Hubert Pfister, président de la communauté de commune de la Cévennes des hauts Gardons, maire de St-Martin de Lansuscle, président de l’association Cévennes écotourisme, propriétaire d’un gite coquet...), administratif (Louis Olivier, directeur du Parc national des Cévennes), cautions intellectuels, associatifs ou acteurs économiques (comme Claude Beaubier, professeur à l’université de Perpignan, créateur d’une agence de voyage « alternative » pour Madagascar et consultant en management et ressources humaines) comptaient bien promouvoir un « développement durable » en Cévennes. C’était sans compter sur quelques trublions et badauds qui perturbèrent de leur sans gène le bon cour de la représentation. Les spécialistes attendaient les applaudissements et une adhésion à leur propagande, ils ont reçu les critiques méritées. Des voix se sont dressées, un tract lu et distribué, le consensus managerial voulu par ces éco-entrepreneurs se brisa. Voici le texte diffusé à cette occasion :

Ecotourisme durable : la turista du vingt et uniéme siècle.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire de prime abord, il existe une industrie de masse en Lozere : c’est le tourisme. Elle fleurit sur l’exploitation d’un capital ; la « nature sauvage » ou « nature préservée » avec comme principale vitrine le parc national des Cévennes. Son offre est d’autant plus concurrencielle qu’elle s’appuie sur une main d’oeuvre bon marché composée de petits artisans, de petits agriculteurs, de petits propriétaires de gites et d’un milieu associatif culturel pour une bonne part bénévole et subventionné.

Comme toutes les autres, cette industrie génère de nombreuses nuisances : pollutions diverses, pillage des ressources naturelles ( notamment l’eau ) , occupation du foncier quand une bonne part de la population galère pour s’installer, se loger, développer des projets d’autosubsistance et d’activité paysanne. Elle est en outre fortemement consommatrice de terres agricoles.

Elle se déploie sur un marché ; celui des loisirs des populations issues des pays industrialisés c’est à dire récoltant les fruits du système d’exploitation mondial et de ses effets désastreux : travail forcé, famines, désastres écologiques durables...

Repeindre le tourisme aux couleurs consensuelles de l’écologie et de l’équité ne change rien à sa nature ; cela s’apparente plutôt à une volonté de manipulation en vue d’obtenir l’adhésion de tous ou, tout au moins, la neutralisation de la critique.

A travers la charte européenne pour le développement durable des espaces protégés et la promotion de l’écotourisme, il s’agit de mener une opération marketing de grande ampleur afin d’élargir le marché ; et d’étaler les « flux » touristiques sur une plus longue période pour mieux gérer leur augmentation en conservant l’image de marque d’un tourisme de qualité, labellisé du terroir. Le territoire devient alors une entreprise au développement de laquelle les habitants sont sommés de participer. Devenir prestataire de service, guide, gardien, animateur, ou figurant souriant du grand musée de la nature lozèrienne et de la « culture » cévenole. Et quel meilleur mausolée qu’un musée grandeur nature pour inhumer ces cadavres encore frais ? Et quelle place reste-t-il pour vivre quand tout devient musée et galerie marchande ? Et pourquoi ne pas carrément édifier un parc d’attractions européen écoéthiquementcitoyendurable ? On pourrait l’appeler Lozèreland, Camisarland, ou Parc Cevennix.

On y parcourerait des sentiers balisés à thème avec des étapes dans de charmantes bourgades où prendraient place des reconstitutions historiques en costume de la vie quotidienne des siècles passés. On pourrait visiter chaque maison, hameau ou cabane pour mieux s’imprégner du quotidien de ces gens qui vivent « autrement ». Tout le monde participerait de ce grand oeuvre et l’argent coulerait à flots. Bien sûr il faudrait calmer les récalcitrants, voire les dégager mais cela n’a jamais été un problème et la bonne marche des affaires est à ce prix. « Développez !Développez ! Il en restera toujours quelque chose » aurait pu dire Goebbels.

Certes il en restera toujours quelque chose, mais quoi et pour qui ? Des montagnes de merde pour tous et de juteux bénéfices pour quelques uns ; comme toujours !

5 Messages de forum

  • Ce n’est pas parce qu’on sait faire des phrases et qu’on a une dialectique qu’on dit forcément des choses intelligentes et pertinentes... Mais mon commentaire est sans importance !

    Philippe Montalbetti.

  • on est passé le commentaire de philippe ?
  • Alors, on n’assume pas et on supprime les commentaires ? Soyons courageux et ouvrons le débat !
  • Ecotourisme durable : la turista du vingt et uniéme siècle

    18 avril 2008 16:01, par La Picharlerie

    De quel débat parlez-vous ? Il faudrait qu’il y ait une critique émise pour débattre. Et pas simplement une défense de ses intérêts de classe camouflée derrière la pseudo libre expression démocratique. Cette parole nous avons dû, ce dimanche 6 avril, la prendre de force. Ce qui nous a valu quelques sobriquets. Mais l’expression d’un point de vue sortant de la pensée économiste et gestionnaire n’est pas plus tolérée dans ces "Cevennes résistantes" que dans le reste du pays. Ces écoentrepreneurs veulent renforcer leur pouvoir de notables des montagnes. S’ils critiquent les vieux modèles c’est pour mieux réorienter le développement économique vers un dynamisme basé sur un folklore terroir et toutes ses marchandises-attrapes-gogos. Le capitalisme bio-bobo, supplanterait les vieilles familles sclérosées basées sur la propriété foncière thésaurisée. Celui-ci, par l’escroquerie durable (n’oublions pas que EDF et AREVA donnent aussi dans le développement durable - ces entreprises organisaient notamment des débats sur la question, à proximité de la centrale de Marcoul, au même moment que le salon de Florac), propose rien de moins que de livrer le territoire au "tourisme de qualité" - pour riches - mettant à contribution ressources et populations dans un tout écologiquement orchestré (là est l’unique moment où le véritable sens d’écologie est appliqué dans cette propagande, c’est à dire l’organisation de la totalité des relations entre les humains et leur environnement, social comme naturel).

    Ce Philippe Montalbetti est bien ce type d’homme. Il cumule fonctions et implications dans l’écotourisme, notament en Lozère : permanent de l’Ade (Agence pour le développement de l’Ecotourisme) et responsable de la propagande sur internet, membre de l’association de préfiguration du pays des gorges, causses et cevennes et de ses commissions activités économiques et communication, webmaster de 3 sites sur l’écotourisme, d’une agence de voyage virtuel pour les cevennes... Rien d’étonnant donc à que celui-ci s’échine à remplir et faire remplir notre site de commentaires vides de sens. Son attrait pour la communication et le développement du tourisme lui font prendre parti. Celui-ci tout en prétendant ouvrir un débat, ne profère que mépris et insultes. Donc, que celui-ci cesse de justifier son salaire et subventions, en commentaires stupides sur notre site. A moins que ses contradictions ne l’empêche de dormir...